Concepteurs-rédacteurs, lit-on vos textes web ?

Ce nouvel article est consacré à la qualité des textes rédigés par les concepteurs-rédacteurs pour les sites web. D’évidence, cette qualité est susceptible d’influencer le comportement de lecture des internautes. Mais d’autres facteurs entrent en jeu dans la lecture d’un site internet. Quels sont les freins et les obstacles qui entraînent la baisse de la lecture, voire l’abandon des internautes lorsqu’ils parcourent un article ? Comment améliorer le taux de lecture ?

Que deviennent vos articles web sous les yeux des lecteurs ?

Vignette Qualité de rédaction d'articlesCette question est un peu embarrassante pour le concepteurs-rédacteurs et elle semble taboue… Pourtant, la rédaction web est, pour un concepteur-rédacteur, un enjeu capital dans la réussite d’un site ou d’un blog ou encore d’une newsletter. Elle conditionne le succès des opérations de communication et de marketing sur internet. Et cela concerne aussi bien le professionnel indépendant, le consultant en quête de nouveaux clients, que n’importe quelle entreprise.

Nous allons tenter de voir ce qui pourrait justifier de reconsidérer la manière avec laquelle vous rédigez vos articles sur votre blog et sur votre site internet. Car une dure réalité s’impose lorsque l’on cherche à attirer de nouveaux prospects ou de vendre sur internet. Combien d’entre eux lisent vos articles jusqu’à la fin ? Combien les trouvent intéressants ? Combien décident d’en savoir plus et de vous contacter après leur lecture ?

Il m’arrive à moi aussi de me poser la question ! Et je ne suis pas le seul ! Selon certaines études américaines, seule la moitié des visiteurs qui découvrent un nouvel article fraîchement publié, le « scrollent » (le parcourent) en s’arrêtant en bas de la première page d’écran. Ils ne vont pas plus loin que la ligne de flottaison de leur navigateur. 

Ce comportement « furtif » des lecteurs entretient un taux de rebond élevé sur la page concernée. Ces mêmes études montrent en outre que les internautes qui ont abandonné leur lecture n’auraient en fait regardé que les images et les gros titres de l’article.

Les chiffres annoncés par ces études ont de quoi inquiéter en ce qui concerne l’efficacité de la production éditoriale sur internet. Mais avant de remettre en question vos efforts de communication, il serait d’abord utile de tenter de vérifier la véracité de ce constat négatif. Après quoi, nous essaierons d’analyser les raisons de ce taux d’abandon dans la lecture en ligne.

Problème : ces études, telles qu’elles sont publiées et parfois traduites sur internet, sont toutes de source américaine. Or, en Europe, en France précisément, les comportements de lecture et leurs causes sont-ils identiques ? Je n’en suis pas sûr. Et il est très difficile de trouver des études françaises sur le sujet. Pas de statistiques françaises sur l’efficacité du travail des concepteurs-rédacteurs ou sur le degré de lecture réel des internautes. Il existe bien des outils de mesure du comportement visuel comme l’eye-tracking, méthode permettant de distinguer les éléments regardés par l’œil. Mais ils ne concernent que le comportement visuel des internautes relatif aux résultats des moteurs de recherche. Peu de choses à voir avec des articles de blog ou d’une page d’un site web. Les seules ressources auxquelles il est possible de recourir sont soit les outils pour webmaster soit des logiciels spéciaux permettant d’analyser avec précision le changement de comportement, les points d’abandon ou de changement des internautes sur un site.

Ce comportement révélé par les études américaines me paraît normal. Après tout, c’est un réflexe que nous avons tous de lire d’abord le titre d’un article puis, éventuellement quelques sous-titres dans le but de voir si son contenu textuel nous intéresse.

Il existe aussi un degré d’intérêt inhérent à chaque lecteur potentiel. Posez-vous la question vous-même. Pourquoi poursuivez-vous la lecture d’un type de contenu rédactionnel et pas un autre ? Comment estimez-vous que tel article en vaut la peine ?

Autre remarque : il est difficile de connaître avec certitude les causes d’un comportement volatile. Par conséquent, il est tout autant difficile d’expliquer ce phénomène et les raisons invoquées dans ces études ne me paraissent pas convaincantes. Enfin, celles-ci ne présentent que des analyses globales. On manque d’information sur la typologie des internautes, leurs motivations de départ, etc. Ce qui me conduit, à défaut d’autres renseignements, à relativiser l’importance des résultats de ces études. Nous savons que ces comportements ne sont pas uniformes du fait que les motivations d’une part et les aptitudes à assimiler un texte ne sont pas identiques entre plusieurs lecteurs et entre diverses cultures.

S’il fallait dresser des catégories de comportement, je dirais qu’il existe différents cas :

  • le lecteur assidû, intéressé du début à la fin par sa lecture
  • le lecteur, en quête d’informations précises, qui entame sa lecture mais l’abandonne
  • le lecteur volatile qui ne sait pas ce qu’il cherche et qui survole le web

Chaque catégorie peut donner lieu à des sous-catégories plus précises. Il y a l’exemple du lecteur qui décide de parcourir en profondeur l’intégralité de l’article, mais qui décide d’interrompre sa lecture pour la reprendre plus tard, soit à l’endroit où il l’a quittée soit à un autre endroit, soit en recommençant depuis le début, etc. La lecture « linéaire » où l’on parcourt chaque ligne de façon régulière s’oppose à la lecture d’un texte en zig zag, etc.

Pourquoi les gens ne lisent pas tout le contenu d’un article en ligne ?

J’ai recensé 6 raisons principales qui me paraissent évidentes :

  • la lecture sur écran web n’est pas toujours facile pour les yeux
  • l’univers d’internet distrait le lecteur par ses multiples invitations à porter son attention ailleurs
  • l’internaute peut aussi être distrait par son environnement immédiat
  • le contenu textuel n’est pas adapté à son niveau de culture ou de connaissance
  • le lecteur manque de temps pour tout lire
  • le sujet n’intéresse pas l’internaute

Bien que j’aie placé l’intérêt du lecteur en dernière place sur cette liste, il est clair que cet élément a une importance considérable dans le taux d’assiduité et de lecture de votre production littéraire. Nous allons reprendre quelques-uns de ces éléments et tenter de les analyser avec plus de précision.

La lecture en ligne : pas toujours facile pour les yeux

Photo Lecture d'article web difficileUne raison pour laquelle les gens ne lisent pas le contenu en ligne est que ce type de lecture n’est pas très confortable. Selon divers tests, on a remarqué que ce genre de lecture est 25 % plus lente que la lecture sur papier. L’écran d’un ordinateur ou d’une tablette émet un flux électronique invisible mais gênant pour les yeux. Les écrans ne sont pas aussi nets que le support papier. La lecture sur smartphone n’est pas non plus toujours facile, à cause de l’étroitesse des écrans.

En outre la lecture sur l’écran d’un navigateur internet est sujette à des distractions. Il peut y avoir des reflets de lumière qui gênent la lecture, l’apparition d’annotations d’arrivée d’un email ou d’une tâche à accomplir, des images ou photographies dans le texte qui détournent l’attention, un ou plusieurs liens cliquables insérés dans le contenu textuel qui attirent l’attention du lecteur, une vidéo qui se charge automatiquement.

En détournant l’attention visuelle et intellectuelle, tous ces aléas jouent contre la recherche d’une lecture sereine, complète et concentrée. On notera en passant un paradoxe où l’on préconise par ailleurs la présence de photos ou d’images censées maintenir l’attention du lecteur alors que ces études affirment qu’elles peuvent détourner son regard.

Autre facteur contraignant : l’univers distrayant et aléatoire d’internet

On affirme que, sur les écrans, la baisse d’attention, vient du fait que les yeux sont attirés dans différentes directions à la fois : vers un encadré couleur, une invitation à télécharger une vidéo ou un ebook, à s’inscrire à une newsletter, un autre bloc de contenu. Des spécialistes soutiennent que cet univers web est pire que le contenu papier. Ce jugement est relatif : la différence est évidente si l’on parle d’un livre avec seulement du texte « noir », sans artifice visuel. Mais si vous prenez un flier ou une plaquette publicitaire, vous aurez sous les yeux à peu près le même cas de figure qu’une page web. La lecture risque d’être moins linéaire.

Les concepteurs-rédacteurs ne doivent pas oublier que les gens lisent seulement ce qui les intéresse

Il faut bien l’avouer, les internautes parcourent le web en ne s’arrêtant que sur des textes qui les intéressent ! Ce qui pose la question de savoir quoi leur offrir à lire et comment le présenter. Nous en revenons alors à la 1re catégorie de lecteurs que nous avons citée plus haut : le lecteur assidû. Sa motivation est très élevée, à tel point qu’il est capable de fermer la porte aux sources de distractions pour finir ce qu’il lit, prendre des notes ou des captures d’écran et projeter d’aller plus loin.

Il nous reste alors à rédiger du contenu véritablement instructif, qui répond aux besoins du lecteur potentiel. La question essentielle est de savoir s’il l’on écrit pour soi, son image, son identité, ou pour son public, en tenant compte de ces centres d’intérêt et de ses motivations.

Le contenu textuel devrait être riche, original, pertinent et traiter de sujets qui « parlent » au public. Il devrait le faire réagir positivement. De tels textes ont la capacité de le convertir en lecteurs fidèles qui ne tarderont pas à s’abonner à votre bulletin d’information, en adhérents, en prospects qualifiés, en acheteurs.

La baisse d’efficacité du système éducatif et la lecture des articles web

Bien qu’aucune étude semble y prêter attention, un autre facteur tout aussi important conditionne le degré d’attention et d’assiduité des lecteurs. Il s’agit des conséquences de la dégradation générale de l’éducation scolaire. Autrement dit, les lecteurs sont de plus en plus nombreux à avoir des difficultés de compréhension des textes publiés. Or il suffit d’un mot mal compris ou dont on ne connaît pas le sens pour que l’on abandonne sa lecture, quel que soit le sujet traité.

Il importe donc d’intégrer ce facteur éducatif lorsque l’on souhaite communiquer par écrit avec son public cible. Il conviendrait de veiller à utiliser un vocabulaire compréhensible par le plus grand nombre.

Ce tour d’horizon ne saurait être complet s’il ne présentait pas des solutions pratiques destinées à remédier au phénomène de l’abandon de lecture des internautes. C’est ce que je vais tenter de faire dans un prochain article.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Faites-moi part de votre opinion !

About the Author:

Spécialiste de la communication écrite, journaliste de médias d’entreprise, Pierre Vican a fondé Oxxalis en 2004. Conseil en communication web BtoB, l’agence est spécialiste du développement de contenus rédactionnels de qualité.Pierre est par ailleurs promoteur du livre blanc en Europe francophone. Il apporte aussi son conseil dans la rédaction de livres d’entreprise.Auteur d’une quarantaine d’ouvrages dans des sujets variés, ses écrits ont été publiés en France et à l’étranger.

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